Les "bases" à savoir si on souhaite allaiter

La lactation


Cette première partie est tirée du site :
http://lelienlacte.com

 

Tout d’abord l’important est de comprendre comment cela se produit.

Voici une coupe d’un sein.


 coupe-sein_physio.png

La taille du sein n’interfère en rien dans sa physionomie.

Qu’ils soient gros, siliconés, tout minus, on est toutes faites de la même façon. Seule la capacité de stockage des seins est variable.

Les canaux lactifères débouchent par des pores à la surface du mamelon. Chaque canal lactifère est alimenté par un lobe lui-même constitué de lobules (20 à 40 lobules par lobes). Ces lobules contiennent des alvéoles, aussi appelées acini. Un acinus est une sorte de poche dans laquelle le lait est fabriqué.
On sait maintenant que le lait est fabriqué en continu par les alvéoles et qu'il y est stocké en attendant d'être éjecté vers le mamelon lors de la tétée

Une histoire d’hormones.


Ce sont ces gentilles petites choses qui vont aider la maman à allaiter.

Dès l’adolescence elles entrent en jeu. Leur nom doit vous dire quelque chose : prolactine, œstrogène, progestérone.

Lors de l’expulsion du placenta (et cela quelque soit le moment de la naissance, à 6 mois, 7, 8 ou à terme, que la naissance se fasse par voie basse ou haute, en urgence ou pas) déclenche une libération hormonale d’œstrogène, une chute de la progestérone (appelle aussi hormone de grossesse) et une augmentation de la prolactine. C’est cette hormone là qui fabrique le lait !

 

Et au quotidien, ça se passe comment ?

 

On change bébé, on s’installe. Notre corps se prépare à ce qu’on mette bébé au sein.

Une fois notre petit monstre installé, il ouvre grand sa bouche et attrape le sein et pas uniquement le bout du sein sinon gars aux crevasse !. Là, une décharge hormonale stimule notre cerveau qui va stimuler les hormones productrices de lait.

Une nouvelle hormone entre en jeu. L’ocytocine. Elle va permettre l’éjection du lait en faisant se contracter les alvéoles du sein. Elle est responsable d’un tas de chose :

- du plaisir (en partie) lors des relations sexuelles, c’est pour ça qu’on peut se sentir décontractée après une tétée,

- elle est responsable des contractions utérines c’est dont pour ça qu’on a quelques douleurs lors des premiers jours, notre utérus se remet en place plus rapidement

- et cette hormone est aussi responsable du petit coup de barre fort pratique la nuit qui nous aide à nous ré-endormir. (Personnellement, il m’est arrivé plusieurs fois de m’endormir pendant que Tristan tétait la nuit…)

 

 

Idées fausses à gogo !

 

Qui n’a pas déjà entendu « ton lait n’est pas assez nourrissant, ton petit réclame, il a faim »…

C’est tout simplement faux.

Le lait n’a pas la même composition selon le moment de la tétée. Au début, il est sucré et riche en sels minéraux pour appâter le bébé, puis il est rafraichissant et désaltérant et en dernière partie de tétée, il est nourrissant, riche en lipides notamment.

Lorsque je tirai mon lait, je pouvais même constater la différence. Au début il semblait transparent et effectivement sucré. Puis il blanchissait et à la fin il devenait encore plus blanc et semblait plus « crémeux ».

 

Le bébé doit fournir des efforts monstrueux.

Moi je dirai non. Alors en effet, le lait ne coule pas tout seul dans sa bouche mais, grâce au réflexe d’éjection, il lui suffit de tirer sur le sen et le lait gicle dans sa bouche. Ce réflexe d’éjection est parfois tellement fort que le bébé tousse.

 

Allaiter abîme les seins.

C’est faux, c’est lors de la grossesse que la poitrine subit le plus de changements. Avec un bon soutien gorge, pas de soucis de mon côté.

 

On ne peut pas allaiter sans avoir de crevasses.

J’ai allaité mes loulous et pas une seule crevasse. Il faut faire très attention à bien positionner bébé pour qu’il prenne bien le sein en bouche. Au début, je n’hésitais pas à le décrocher en insérant mon petit doigt dans sa bouche pour le réinstaller.

 

Idées à savoir

 

L’allaitement au sein n’est pas de tout repos. Nous n’avons plus cette transmission de mères en filles. Nous avons perdues les connaissances que la femme avait depuis des siècles. Croire que c’est aussi facile que mettre un biberon dans une bouche c’est faux. On peut rencontrer des embuches ou des soucis. Mais, et c’est ça qu’il faut vraiment savoir, tous les soucis se résolvent. Il y a des consultantes en lactation, des personnes qui ont passés un diplôme universitaire, des sages-femmes, des associations qui peuvent venir aider les mamans en difficultés. Il ne faut pas hésiter à demander à une de ces personnes de venir observer comment bébé prend le sein, les appeler si on a un souci (crevasse, canal bouché, mycose ou autre). Il est primordial d’avoir confiance en soi. Je me rappelle avoir dit à ma mère qui  pensait mon lait non nourrissant « écoute, quand ils étaient à l’hôpital, ils l’avaient et ont très bien grossit c’est donc qu’il est nourrissant mon lait ». Il faut savoir se faire épauler. De nombreuses mères allaitantes sont prêtes à soutenir, aider et conseiller.

Croire en soi et ses capacités est essentiel. C’est je pense l’élément principal qui fait qu’un allaitement fonctionne.

 

Les bébés ont des pics de croissance qu’ils soient au sein ou non. Ils se situent à 3 jours, 3 semaines, 3 mois pour les principaux. Leurs besoins seront plus forts que ce qu’on leur offre. Le bébé réclamera le sein souvent mais au bout de 3 ou 4 jours maxi, tout rentrera dans l’ordre. Ca en vaut vraiment la peine. Allaiter a été pour moi une superbe expérience. J’avais la sensation de m’offrir aux bébés, de leur donner encore un peu de moi et prolonger la grossesse. Si Freud passerait par là, il y verrait beaucoup de narcissisme mais tant pis, je l’assume.

 

 

Aux mamans qui ne savent pas si elles veulent ou non allaiter.


Je conseillerai de se renseigner avant la naissance. Le jour de l’accouchement, hop, une mise au sein qu’on voit si oui ou non on aime ce contact.

Il ne faut pas allaiter à contre cœur.

Je ne compte pas le nombre de fois où j’ai pu lire « il faut allaiter parce que c’est ce qu’il y a de mieux ». Moi je reste persuadée qu’il vaut mieux un biberon donné avec amour qu’un sein sans convictions.